25/09/2025

Communiqué de presse

EDF : un modèle économique à repenser, au bénéfice de l’exploitant et des consommateurs français.

Dans son rapport du 24 septembre sur le modèle économique d’EDF, la Cour des comptes pointe la surexposition d’EDF à la volatilité des prix de gros et craint que l’opérateur nucléaire soit incapable de mener les investissements colossaux prévus, notamment pour la prolongation du parc nucléaire existant et les nouveaux projets nucléaires.

EDF ne peut pas compter sur un mécanisme lui assurant un revenu minimal pour l’exploitation de son parc nucléaire existant. Il devient crucial de revenir sur l’approche 100 % marché poussée par l’ancien PDG d’EDF et d’envisager sérieusement des solutions plus pragmatiques.

Une régulation post-ARENH inopérante qui ne protège ni le consommateur, ni EDF.

La réforme du « versement nucléaire universel » VNU introduit en loi de finances 2025 et qui entrera en vigueur au 1er janvier 2026 ne conserve aucun des bénéfices de l’ARENH et ne corrige aucun de ses défauts :

  • Pour le consommateur, les seuils de taxation-redistribution des revenus nucléaires envisagés sont trop élevés et la redistribution inefficace. D’après nos calculs, dans le contexte actuel du marché, le mécanisme de redistribution ne sera pas déclenché en 2026 et peut-être pas non plus en 2027.
  • Pour EDF, l’absence de garantie de revenu minimum sur le nucléaire existant fragilise sa trajectoire financière et la dirige vers un endettement insoutenable (250 milliards d’euros) si les prix de marché actuels s’inscrivent dans la durée, ce que le contexte économique laisse penser.
  • Comme le note la Cour, la signature de contrats de long-terme avec l’industrie ne s’accélère pas après bientôt 2 ans de négociation, malgré le soutien prononcé du Gouvernement, et ne concerne de toute façon qu’une poignée de grands clients électro-intensifs.

Une régulation au niveau des coûts de production du nucléaire existant, sous forme de contrat pour différence (CfD) bidirectionnel qui garantit un revenu plancher à l’opérateur historique et un prix compétitif aux consommateurs, notamment industriels, pourrait être la clé pour protéger le consommateur, lui fournir de la visibilité, assainir l’endettement d’EDF et inciter l’exploitant à revenir à un niveau de production proche des standards internationaux.

L’énergie attend son Choose France !

Le rapport de la Cour des comptes montre qu’il est illusoire de faire peser sur un unique acteur les centaines de milliards d’investissements dans le système électrique français. EDF ne peut supporter seul l’effort colossal à consentir pour prolonger le parc nucléaire existant, investir dans un coûteux et risqué programme EPR2, assumer la modernisation des barrages hydrauliques, être leader des nouvelles énergies renouvelables et rayonner à l’international.

Tandis que l’on s’enorgueillit d’être la première destination européenne pour les investissements étrangers, Choose France ne semble pas concerner l’énergie. Les portes de contrat long terme nucléaires ne s’ouvrent toujours pas aux énergéticiens, celles de l’hydroélectricité ont été définitivement closes, et les leaders mondiaux des énergies renouvelables s’interrogent sur l’avenir de la filière en France face au flou persistant sur la programmation énergétique.

Dépassons toute éventuelle méfiance concernant les acteurs alternatifs et construisons ensemble un avenir énergétique serein et compétitif pour les Français !

Contact presse : Jessie Dutin Fernandes – jessie.dutin-fernandes@afieg.fr – Tél : 06 64 64 60 14


À propos de l’AFIEG :

L’AFIEG regroupe des entreprises françaises et des filiales d’opérateurs européens des secteurs électrique et gazier : Alpiq Energie France, Alterna, Endesa, GazelEnergie, Iberdrola, Primeo Energie, SEFE, TotalEnergies, Vattenfall ; Enovos BKW France, et Axpo sont membres associés.

Forte de son expertise indépendante sur les enjeux énergétiques français fondée sur une présence de plus de dix ans en France, l’AFIEG entretient un dialogue régulier avec les pouvoirs publics pour contribuer à la mise en œuvre des politiques énergétiques. Elle est membre du Conseil Supérieur de l’Energie.

L’AFIEG est membre fondateur de l’association européenne représentant les fournisseurs alternatifs, EER – European Energy Retailers.